Huit milliards de Cendrillon

L’homme vit de la pensée du changement. Cela tient à son insatisfaction de la vie – insatisfaction qui touche tout un chacun, des millionnaires aux SDF. Le millionnaire regrette les occasions manquées et la perte d’un nouveau surprofit qui lui permettrait de faire l’acquisition d’un autre yacht. Le SDF a des pensées similaires : il rêve de l’argent qu’il pourrait investir dans un feuilleté-saucisse bien chaud. Cette pensée-sentiment, romancée à l’infini par la culture mondiale, a nom « espoir ». Elle s’apparente à la foi et est censée témoigner de l’élévation de l’homme. Seuls les sages ont la certitude absolue qu’il faut vivre sans espoir. Autrement dit, vivre sans se mentir ni mentir aux autres, car une existence sans mensonge permet le développement de l’être. Cependant, dans la plupart des cas, on entre en violente contradiction non seulement avec le système étatique (quel qu’il soit), mais aussi avec la société de ses semblables, ce qui, là, s’apparente à une vraie catastrophe.

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