Les bienfaits du partage

Le jeu de la vie n’est pas à somme nulle. Et même s’il doit finir brusquement pour le joueur, les traces laissées par ce dernier dans le monde qu’il quitte sont indélébiles, aussi petites soient elles. Toute action aura des répercussions pour soi ou les autres et chaque interaction avec autrui conditionnera la suivante.

Dans ce monde capitaliste, certaines personnes pensent que, si vous avez 10 euros, le partage consiste à en donner 1 et en garder 9. Car 1 euro, c’est toujours mieux que rien. Mais étrangement, l’être humain confronté à une telle situation aura plutôt tendance à en donner la moitié. Moins serait mal vu par l’autre et engendrerait aussi un certain mal-être chez le donneur dont il sera difficile de se débarrasser. Maintenant, considérons celui qui donne 70 % de cette somme au premier parfait étranger croisé ici ou ailleurs, de manière purement altruiste. Que se passe-t-il ? Un tel acte ne passera pas inaperçu pour celui qui reçoit ou même ceux qui observent. Et cette personne qui donne plus à l’autre qu’il n’en garde pour lui marquera les esprits de manière extrêmement positive à tel point que les observateurs ou les protagonistes souhaiteront « rejouer » avec cette âme charitable. Cette action de donner plus que ce que les conventions tacites exigent va permettre la création d’un cercle vertueux dans lequel le donneur sera rapidement entrainé et qui, de proche en proche, va modifier le comportement des heureux acquéreurs pour le meilleur.

À l’inverse, celui qui se contente de donner le minimum ou même rien du tout, va rapidement être exclu du jeu et des négociations. Quand le moment sera venu de monter une équipe et d’en choisir les membres, il sera le dernier assis sur la touche.

Cette analogie s’applique bien à l’éducation des enfants. Quand, dans un groupe, un enfant se voit demander si on peut lui emprunter un jouet et qu’il répond non, que se passe-t-il ? L’autre ressent une émotion négative qu’il ne souhaitera plus se voir répéter et l’enfant qui n’a pas souhaité partager se verra automatiquement exclu du prochain jeu de groupe ou de toute autre demande ultérieure. Et si d’autres enfants ont vu la scène, par assimilation, ils vont aussi garder une mauvaise impression de celui ou celle qui n’a pas souhaité prêter ce jouet. À l’inverse, celui qui donnera avec plaisir et participera à l’échange se verra sollicité par la suite et sera choisi pour prendre part aux jeux de groupe orchestrés par d’autres enfants. Celui-là, lors de la constitution des équipes pour une balle au prisonnier, sera choisi en premier.

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