Passage piéton

Il semblerait que faire deux choses à la fois soit relativement difficile. Prenons un exemple concret: penser et faire. Lorsqu’une idée ou une envie surgissent, il serait sans doute préférable de s’attaquer directement à la tâche avant que des questions et autres incertitudes ne viennent miner l’envie, tout juste sortie de sa boîte. Si le penser est l’ennemi du faire, le temps est l’ennemi de l’action.

Chaque seconde qui passe est une seconde qui peut permettre à la conscience de faire le tour de la question et de lister des barrières psychologiques ou matérielles à l’action, tout ce qui délimite la zone de confort de l’individu. L’autre est également l’ennemi du faire: demandez son avis à quelqu’un sur une entreprise qui sort un peu de l’ordinaire ou de ce que la bienséance sociale autorise et vous aurez plus de questions que de réponses, plus de doutes que de certitudes.
Donnez une liberté totale à un individu et il ne saura probablement qu’en faire, d’autant plus s’il ne voit pas de sens à ce qu’il est censé entreprendre. Le petit démon de « l’à-quoi-bon » fait alors son apparition: pourquoi se lancer dans une entreprise qui ne comporte aucun sens à nos yeux? Pourquoi faire que tout semble futile? Cette question primordiale, quoique qu’abstraite pour beaucoup de personnes, mérite que l’on s’y arrête. Quelles sont les options? Soit l’individu ne trouve rien qui n’a de sens à ses yeux, et dans ce cas il faut vivre avec ou partir. Soit l’individu cherche ce qui peut, au sein de ce monde, comporter un semblant de signification, un soupçon d’utilité, et alors il faut s’y jeter corps et âme, sans se soucier des autres ou de ce que peut en penser la société.
C’est sans doute là ce qui mérite le plus l’attention de l’individu: la recherche de sens. De prime abord il apparaît que l’application d’une telle démarche est relativement limitée par notre environnement, ou plutôt par l’Autre. Il est en effet difficile d’engager un tel processus dans une boîte dont les contours ont été définis il y a fort longtemps par un ensemble d’individus, de mythes ou de divinités qui, au gré des époques, ont progressivement enlevé l’envie aux Hommes de penser.

A défaut de sens, l’Histoire a donné une direction, une ligne de temps, un parcours. Tout semble pré-écrit, il n’y a rien en dehors de ce chemin, il n’y a pas d’issue de secours, pas d’échappatoire. Tenter de casser les murs de l’enceinte revient à attirer les projecteurs sur soi et être aussitôt mis au ban de la société. Après tout, au sens astronomique, une révolution est un retour au point de départ. Qu’est-ce que le sens dans ces conditions? C’est trouver ou créer une chose à soi, tenter un saut dans le vide, fendre une partie de l’enceinte qui nous mure. Quitte à tout perdre, autant le faire avec panache et en accord avec ce qu’il reste d’envie.

Vivre et voir plus grand, sans se poser la question du pourquoi. Peut-être est-ce cela, la réponse?

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